Logement neuf : la pénurie d’offres pousse les Français à se surendetter

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Une maison et des pièces

Dans les régions les plus densément peuplées, en particulier en Île-de-France, la demande de logements neufs reste très importante malgré la crise sanitaire. Pourtant, le nombre de permis de construire délivrés est très faible et n’augmente plus depuis quelques années. Une pénurie de logements neufs s’installe progressivement et fait augmenter les prix, poussant les acheteurs à se surendetter.

Les Français prêts à s’endetter plus pour un logement neuf

Un logement neuf coûte presque toujours plus cher qu’un logement ancien, même s’il n’a que quelques années d’existence. Le luxe d’être le premier à poser ses cartons dans un appartement totalement neuf se paye cher. Le prix comprend aussi une certaine tranquillité d’esprit pendant plusieurs années. Les normes des logements neufs sont toujours plus exigeantes et les constructions sont généralement de bonne qualité et toujours assurées en cas de problème.

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Les logements neufs sont donc un type de bien très recherché et les promoteurs ne manquent pas de clients. En revanche, il manque de biens à proposer à la vente et c’est ce qui fait grimper les prix encore plus haut. Une situation qui ne réduit pas le désir de neuf des Français, au contraire. Le problème, c’est que certains sont prêts à emprunter plus qu’ils ne le peuvent. Malheureusement, ils ne le découvrent que quelques années plus tard quand ils sont en situation de surendettement.

Heureusement, un logement neuf représente moins de coûts pendant plusieurs années. D’abord, parce qu’il n’y a pas de travaux à faire. Ensuite, parce que le diagnostic énergétique est souvent meilleur que dans de l’ancien. Les propriétaires peuvent alors se tourner vers des solutions pour gérer son surendettement et revenir rapidement dans les clous de l’endettement raisonnable.

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Le problème des permis de construire

Selon les chiffres communiqués lors d’une conférence de presse par la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), le nombre de permis de construire délivrés pour l’édification de logements collectifs (entendre des immeubles d’habitation) a baissé de 25 % en un an. C’est une chute considérable qui représente la perte 57 000 logements ! À cela s’ajoute la baisse des mises en chantier déjà autorisé sur la même période. Elle est de 5 % environ.

Comment expliquer une telle baisse de la délivrance de permis de construire ? D’abord, il y a évidemment la crise sanitaire qui a paralysé tout le pays pendant plusieurs mois au printemps 2020. Les répercussions n’ont pas été immédiates, mais elles se feront sentir pendant encore quelque temps. Ensuite, il y a eu la période des élections municipales. Pendant la campagne, les permis délivrés par les municipalités sont généralement mis en attente.

Le problème, c’est que la campagne municipale de l’année 2020 a été beaucoup plus longue que prévue. Le premier tour des élections a bien eu lieu de 15 mars, comme prévu, mais le second tour a été organisé en juin. Trois mois pendant lesquels les permis de construire n’étaient pas donnés, alors même que la pandémie ne l’empêchait pas complètement, en théorie.

Une crise de l’offre beaucoup plus large

Il serait facile de conclure que la baisse de l’offre est liée à la baisse du nombre de permis, elle-même liée à une combinaison de facteurs malheureux : la pandémie et les élections municipales. En réalité, la crise de l’offre des logements neufs s’installe progressivement depuis plusieurs années déjà. Depuis 2018, l’offre commerciale chute lentement, mais sûrement.

Le secteur du logement neuf dépend de deux facteurs importants : les projets de construction et les mises en vente. Les premiers n’ont jamais été aussi bas depuis 2012 et les seconds stagnent depuis trois ans sans que rien ne semble être prévu pour relancer la machine. Au contraire, en 2021, les mairies ont délivré entre 15 et 24 % de permis de construire en moins par rapport à 2020.

La FPI, évidemment, appelle les autorités locales à prendre la mesure des conséquences de leur inaction. La construction de logement neuf pourrait être un vecteur de croissance important, mais elle en est empêchée. En même temps, le secteur est aussi critiqué pour son impact écologique important.

La construction de logements neufs pose des problèmes

Si les permis de construire pour les logements neufs sont de moins en moins nombreux, ce n’est pas parce que les maires seraient irresponsables. En réalité, les plaintes des habitants contre la multiplication des projets neufs sont de plus en plus nombreuses. Le secteur n’a plus l’aura et la réputation d’autrefois. Son impact écologique est considérable et coûte très cher à la collectivité.

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