La sortie en capital bouleverse la donne pour quiconque souhaite piloter ses revenus avec plus de souplesse. Cette option, particulièrement appréciée, permet d’adapter le niveau de vie à ses ambitions, mais au Luxembourg, les règles fiscales sont loin d’être uniformes. Ici, tout dépend du type de placement détenu et du temps qu’on lui a laissé mûrir.
La fiscalité pour les actions de société cotées
Les actions de sociétés cotées au Luxembourg sont généralement taxées à 27 % sur les plus-values. Ce taux s’allège toutefois si l’investisseur sait faire preuve de patience. Au-delà de six mois de détention, un abattement de 50 % s’applique, ce qui ramène l’imposition à 13,5 %. Mais ce n’est pas tout : chaque année supplémentaire après la sixième fait grimper l’abattement de 4 %, jusqu’à un plafond de 80 %. Ainsi, conserver ses titres longtemps devient une stratégie fiscale payante.
Les parts de fonds d’investissement
Deux grandes familles de parts de fonds existent, chacune avec ses propres règles.
- Les parts de fonds d’investissement à capital variable
- Les parts de fonds d’investissement à capital fixe
Les parts de fonds d’investissement à capital en sortie variable
Pour ces parts, la taxation sur les plus-values débute à 25 %. Mais si la détention dépasse huit ans, l’abattement grimpe à 80 %, et l’impôt tombe à 5 %. Ici encore, la durée joue en faveur de l’épargnant déterminé à laisser fructifier son investissement.
Les parts de fonds d’investissement à capital en sortie fixe
La fiscalité est un peu plus clémente pour cette catégorie : le taux de base sur les plus-values s’établit à 15 %. Dès lors que l’épargne a été immobilisée pendant plus de huit ans, l’abattement de 80 % s’applique, réduisant l’impôt à 3 %. L’attente, décidément, récompense les investisseurs patients.
Attention cependant : au-delà de ces taux, chaque investisseur doit composer avec sa propre situation fiscale. Selon le profil et le statut, l’impôt sur le revenu peut également s’inviter lors de la sortie en capital. Se faire accompagner par un expert-comptable ou un conseiller fiscal n’a donc rien d’un luxe superflu.
La fiscalité luxembourgeoise sur les sorties en capital varie donc selon la nature du placement et la durée de détention. Les taux d’imposition s’étendent de 15 % à 27 %, mais des abattements existent pour qui joue la carte de la patience. Il reste prudent de solliciter l’avis d’un professionnel avant de passer à l’action.
La fiscalité des sorties en capital au Luxembourg à la retraite
Le Plan d’épargne Retraite luxembourgeois offre lui aussi une sortie en capital à l’échéance. Mais ici, chaque composant du retrait subit un traitement fiscal particulier. La part correspondant aux versements effectués est soumise au barème de l’impôt sur le revenu, sans prélèvements sociaux à régler en supplément. Quant aux gains générés par le contrat, ils sont taxés à travers le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) de 30 %, qui combine une imposition à 12,8 % et des prélèvements sociaux de 17,2 %.
Vérifier l’impact de son retrait sur la déclaration d’impôts devient alors une étape incontournable. Il peut s’avérer plus judicieux de fractionner les rachats sur plusieurs années, plutôt que d’effectuer une sortie unique. Le plan d’épargne peut rester ouvert après le départ à la retraite, ce qui laisse de la marge de manœuvre pour ajuster ses retraits selon l’évolution de son revenu net global et éviter de franchir le seuil du taux marginal d’imposition de 40 %.
Au final, manœuvrer la fiscalité luxembourgeoise, c’est avancer sur un terrain parsemé d’options et d’arbitrages. Ceux qui prennent le temps de composer avec les règles et d’anticiper leurs mouvements en récoltent les fruits. À chacun de choisir sa trajectoire, mais il serait dommage de négliger les ressorts d’un système qui, bien compris, peut transformer l’épargne en levier puissant.


