Deux AESH recrutés la même année, affectés chacun à 24 heures hebdomadaires dans la même académie, peuvent recevoir un virement mensuel différent de plusieurs dizaines d’euros. La quotité de travail (environ 62 % d’un temps plein) ne suffit pas à expliquer le montant final inscrit sur la fiche de paie. Échelon, zone d’indemnité de résidence, affectation en éducation prioritaire : le calcul ligne par ligne révèle des écarts que la seule grille indiciaire ne laisse pas deviner.
Échelon et indice majoré : la ligne qui fait varier le traitement brut à 24 h
Le salaire d’un AESH repose sur un mécanisme commun à tous les agents publics : un indice majoré multiplié par la valeur du point d’indice. Depuis le 1er juillet 2023, cette valeur est fixée à 4,92278 euros par point. Pour un temps plein, le traitement brut mensuel s’obtient en multipliant l’indice majoré de l’échelon par ce montant.
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À 24 heures hebdomadaires, la quotité retenue est d’environ 62 %. Le traitement brut temps plein est donc réduit dans cette proportion. Un AESH à l’échelon 1 (indice majoré plancher de 371, relevé au 1er janvier 2024 selon le SNALC) ne touche pas le même brut qu’un collègue à l’échelon 5 ou 8, même si les deux travaillent exactement 24 heures par semaine.

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La grille AESH comporte 11 échelons. Entre le premier et le dernier, l’écart de traitement brut à temps plein dépasse plusieurs centaines d’euros mensuels. Rapporté à 62 %, cet écart reste significatif et constitue la première source de différence entre deux fiches de paie à quotité identique.
Calcul pas à pas du salaire AESH 24 h : du brut au net
La fiche de paie d’un AESH à 24 heures suit une séquence précise. Voici les étapes pour reconstituer le montant net à partir de votre indice majoré.
- Multiplier l’indice majoré par la valeur du point d’indice (4,92278 euros) pour obtenir le traitement brut mensuel à temps plein.
- Appliquer la quotité de travail (environ 62 %) à ce traitement brut pour obtenir le traitement brut proratisé. Le SNALC mentionne un volume mensualisé d’environ 94,03 heures pour un contrat à 62 %, donnée plus fiable qu’une simple conversion arrondie.
- Retrancher les cotisations sociales (CSG, CRDS, retraite IRCANTEC, contribution solidarité) pour passer du brut au net. Le taux global de prélèvement sur la rémunération brute des agents contractuels se situe autour d’un cinquième du brut, mais le détail varie selon la situation individuelle.
- Ajouter au net les éventuelles indemnités nettes versées (indemnité de fonction, indemnité REP/REP+, supplément familial de traitement, indemnité compensatrice CSG).
Le résultat correspond au « net à payer avant impôt » visible en bas de fiche. Pour un AESH débutant à 24 heures, les concurrents du secteur situent ce net entre 910 et 1 116 euros selon l’échelon, hors indemnités spécifiques.
Indemnités REP, REP+ et indemnité de fonction : les lignes qui creusent l’écart
Deux AESH au même échelon, à la même quotité, peuvent recevoir des montants différents si l’un exerce en réseau d’éducation prioritaire et l’autre non. Depuis le 1er janvier 2023, les AESH perçoivent les indemnités REP et REP+ lorsqu’ils sont affectés dans un établissement classé. Ces primes, proratisées à la quotité de travail, ajoutent une ligne supplémentaire sur la fiche de paie que beaucoup d’AESH hors éducation prioritaire n’ont jamais vue sur la leur.
L’indemnité de fonction AESH, versée à tous les accompagnants, constitue un autre élément variable. Son montant est lui aussi proratisé. Combinée aux indemnités REP/REP+, elle peut représenter un complément non négligeable sur un salaire de base déjà modeste.
Indemnité de résidence et supplément familial
L’indemnité de résidence dépend de la zone géographique d’affectation (trois zones, de 0 % à 3 % du traitement brut). Un AESH en zone 1 (grandes agglomérations) perçoit donc un complément absent de la fiche de paie d’un collègue en zone 3. Le supplément familial de traitement, quant à lui, dépend du nombre d’enfants à charge. Ces deux lignes, souvent ignorées lors des comparaisons de salaire entre collègues, participent à l’écart final.
Pourquoi deux AESH à 24 h peuvent toucher un salaire différent en 2026
La réponse tient à l’accumulation de variables que le raccourci « 24 h = 62 % du SMIC » ne capture pas. Prenons deux profils concrets.

| Variable | AESH A | AESH B |
|---|---|---|
| Échelon | 1 (indice majoré 371) | 5 |
| Zone d’indemnité de résidence | Zone 3 (0 %) | Zone 1 (3 %) |
| Affectation REP/REP+ | Non | REP+ |
| Enfants à charge | 0 | 2 |
À quotité identique, l’AESH B cumule un indice majoré supérieur, une indemnité de résidence, une prime REP+ proratisée et un supplément familial. L’écart net mensuel peut atteindre plus d’une centaine d’euros par rapport à l’AESH A, sans que la quotité de travail ait changé d’un centime.
Ce constat explique pourquoi les grilles simplifiées publiées en ligne, qui n’affichent qu’un montant unique par quotité, induisent régulièrement en erreur. La fiche de paie réelle d’un AESH à 24 heures en 2026 est le produit d’au moins cinq variables distinctes.
CDD, CDI et progression d’échelon : ce que la paie 2026 ne dit pas encore
Le passage en CDI après trois ans de CDD, généralisé depuis le décret de septembre 2023, modifie la situation contractuelle de l’AESH sans entraîner automatiquement un changement d’échelon ou de rémunération. Un CDI ne signifie pas une augmentation immédiate. La progression dans la grille reste liée à l’ancienneté et aux reclassements prévus par les textes.
Les retours terrain divergent sur la rapidité effective des avancements d’échelon après le basculement en CDI. Certaines académies appliquent le reclassement dès la signature, d’autres tardent plusieurs mois, ce qui décale d’autant la revalorisation visible sur la fiche de paie.
Pour un AESH à 24 heures en 2026, vérifier son échelon réel sur le bulletin de salaire reste le premier réflexe avant toute comparaison. La ligne « indice majoré » et la ligne « quotité » ne racontent qu’une partie de l’histoire. Les indemnités REP, la zone de résidence et la situation familiale complètent un puzzle salarial que seul un calcul ligne par ligne permet de reconstituer avec exactitude.

