Que fait la Banque de France avec les anciens francs aujourd’hui ?

Un billet de 50 francs, vestige d’une époque révolue, ne se glisse plus dans les portefeuilles. Pourtant, la question de leur devenir, tout comme celle des pièces de collection frappées par la Monnaie de Paris, revient sans relâche. Chez NUMISMAG, on la croise à chaque coin de courrier.

Toutes les pièces de collection issues de la Monnaie de Paris restent des monnaies ayant cours légal. Elles n’ont rien de gadgets : elles peuvent servir à régler un achat, comme n’importe quelle pièce courante. C’est inscrit noir sur blanc dans les articles L 121-2 et L 121-3 du code monétaire et financier. Un commerçant qui refuserait un paiement en pièces de collection s’expose à une amende de 150 euros.

Ce rejet ne sort pas de nulle part. Trois motifs principaux reviennent sans cesse.

En premier lieu, le manque d’information. Beaucoup de commerçants ignorent l’existence ou la validité de ces pièces, et préfèrent les refuser plutôt que de risquer un impair.

Autre écueil : l’incompatibilité matérielle. Les caisses enregistreuses classiques n’ont pas de compartiment adapté pour des pièces de 10 ou 50 euros, bien plus volumineuses que les monnaies en circulation habituelle, de 1 cent à 2 euros.

Enfin, il y a la question de l’échange auprès des banques. La plupart refusent tout simplement ces pièces, laissant leurs détenteurs désemparés.

Dans cette situation, seule la Banque de France propose de reprendre ces pièces, et ce, à leur valeur faciale.

Échange possible, mais encadré

La valeur de vos pièces, qu’elles contiennent de l’or ou de l’argent, reste strictement fixée à leur montant nominal au guichet de la Banque de France. Pour celles et ceux qui n’arrivent pas à les vendre comme objets de collection, la Banque de France reste la solution, sous réserve de respecter plusieurs conditions. Selon la somme à échanger, le paiement sera remis en espèces ou par virement. On vous demandera une pièce d’identité, un relevé bancaire, et la facture d’achat, au moins pour les pièces en euros de la Monnaie de Paris frappées depuis 2008. Sans ce justificatif, l’échange est tout bonnement impossible.

Ce fonctionnement peut surprendre, d’autant plus qu’il concerne des pièces ayant cours légal. Dans certains cas, la Banque de France sollicitera même un chèque de change auprès de la Monnaie de Paris, allongeant d’autant la procédure.

Justification de l’origine des fonds

Pour toute opération supérieure à 5 000 euros, la Banque de France exigera de connaître la provenance des fonds. Il faudra alors présenter des relevés bancaires, documents officiels, attestations de retraits ou tout justificatif permettant d’établir la traçabilité de l’argent.

À ce jour, un seul comptoir d’échange pour les particuliers subsiste, à Paris. C’est la seule adresse nationale dédiée. Préparez-vous à patienter : la salle d’attente de la billetterie voit passer du monde, souvent beaucoup. Les professionnels disposent, eux, d’un accès dans certaines agences régionales qui maintiennent encore un guichet.

Avant de vous déplacer, il est prudent de contacter le comptoir pour détailler la nature de vos pièces et obtenir la liste exacte des justificatifs demandés. Cela évitera des allers-retours inutiles. Voici les coordonnées utiles pour joindre la Banque de France :

Banque de France, Siège
L’accueil du public ouvre du lundi au vendredi, de 9h à 12h et de 13h15 à 15h30.

39, rue Croix-des-Petits-Champs, 1er arrondissement, Paris

Tél. : 01 42 92 58 75
Courriel : [email protected]

Source : Banque de France, Monnaie de Paris, NUMISMAG

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