Si les pensions de retraite peuvent parfois suffire à régler les frais du quotidien, le coût du logement et la dépendance pèsent de plus en plus lourd avec l’âge. Petit tour d’horizon concret de l’aide financière disponible pour les personnes âgées selon leur situation.
Impossible de passer à côté de l’ASPA : cette allocation assure un minimum social aux personnes de 65 ans et plus qui peinent à joindre les deux bouts. Chaque année, le montant maximal garanti évolue. Aujourd’hui, une personne seule peut compter jusqu’à 823,20 euros par mois ; pour un couple, c’est 1 293,54 euros. Le versement est géré par la Carsat ou la Mutualité sociale agricole. Pour lancer la démarche, il suffit de retirer un dossier auprès de sa caisse de retraite principale ou de la mairie quand aucune pension n’a encore été attribuée.
Lire également : Prime de Noël : les retraités peuvent-ils vraiment en bénéficier ?
La PCH, quant à elle, cible les adultes dont le handicap a été reconnu avant 60 ans et qui n’ont pas dépassé leurs 75 ans. L’aménagement du domicile, les aides humaines, l’acquisition de matériel adapté, tout ceci est financé, selon le besoin et le niveau d’autonomie. Aucune condition de ressources stricte mais, selon ses revenus, une participation reste possible.
L’APA entre en jeu dès lors que la perte d’autonomie s’installe. À domicile, elle finance l’aide à la personne, les repas livrés, les équipements spécifiques ou même les transports. En établissement, elle prend en charge tout ou partie du tarif « dépendance » de l’Ehpad ou de l’USLD. Accéder à cette allocation suppose de remplir les critères suivants :
A voir aussi : Quelles aides financières pour installer un poêle à granulés ?
- avoir au moins 60 ans,
- présenter une perte d’autonomie qui nécessite un accompagnement régulier,
- être classé dans les groupes GIR 1 à 4,
- résider en France de manière stable.
Le dossier s’obtient auprès du CCAS de la commune ou du Conseil Départemental, qui gère aussi le versement. Le montant perçu dépend du niveau de ressources et des besoins d’accompagnement.
Du côté du logement, l’APL et l’ALS servent à alléger la facture de loyer ou d’échéance d’emprunt, y compris pour une chambre en établissement. L’APL exige un logement conventionné, tandis que l’ALS prend le relai ailleurs. Ces aides font l’objet d’une demande CAF ou MSA et ne peuvent être cumulées.
Quand le coût d’un établissement reste hors de portée, l’ASH prend la relève. Destinée aux personnes de plus de 60 ou 65 ans, selon le contexte, vivant en France, elle intervient pour couvrir les frais quand les ressources du bénéficiaire (et de ses proches, le cas échéant) ne suffisent plus. L’attribution passe par le CCAS, qui transmet la demande au Conseil Départemental.
Certains souhaitent continuer à vivre chez eux et doivent adapter leur logement à la perte d’autonomie : installation d’une douche accessible, nouveaux éclairages, rampes… Pour les affiliés au régime général qui ne touchent pas déjà l’APA, la PCH ou autre aide équivalente, la caisse de retraite peut accompagner le financement. Un simple contact à la caisse permet de cerner les possibilités.
Les aides à domicile concerneront surtout les seniors de 65 ans et plus (ou 60 ans en situation d’inaptitude), GIR 5 ou 6. Elles permettent de déléguer tâches ménagères, lessive ou préparation des repas. Selon la situation financière, le soutien est octroyé par le Département ou la caisse de retraite.
Le CESU, la simplification au service de l’aide à domicile
Rémunérer un accompagnant n’a rien d’un casse-tête bureaucratique : le Chèque Emploi Service Universel (CESU) simplifie l’emploi à domicile. Parfois préfinancé par les caisses de retraite ou des organismes sociaux, il s’utilise aussi bien auprès d’un prestataire qu’en emploi direct. Le bénéficiaire s’évite ainsi tous les tracas administratifs, la déclaration étant automatisée.
L’allègement fiscal, une aide indirecte
Payer l’impôt sur le revenu ouvre une voie supplémentaire : une réduction jusqu’à 2 500 euros par personne sur les dépenses d’hébergement ou de dépendance, une fois les aides au logement déduites. Seule condition : avoir effectivement déboursé des frais propres à la dépendance, et non au seul hébergement.
Le crédit d’impôt pour l’accompagnement à domicile
Depuis 2017, nul besoin d’être imposable pour bénéficier d’un crédit d’impôt couvrant la moitié des dépenses d’aide à domicile, après déduction des autres soutiens éventuels. Qu’il s’agisse d’un service agréé ou d’un emploi direct, le dispositif joue aussi après l’intervention d’une auxiliaire.
Après une hospitalisation, le retour à domicile n’est pas laissé au hasard. L’ARDH prévoit un accompagnement de trois mois, destiné aux retraités du régime général de plus de 55 ans classés GIR 5 ou 6, non éligibles à d’autres dispositifs communautaires. Il est impératif de solliciter cette aide auprès de la CNAV avant la sortie de l’hôpital, et son attribution dépend de la situation financière.
Vivre avec des revenus modestes ne doit pas rimer avec renoncement aux soins. La CMU-C, proposée par la Sécurité sociale, garantit le remboursement intégral et sans avance des dépenses médicales. Résider vigoureusement en France depuis plus de trois mois et rester en deçà des plafonds requis donne droit à cette protection.
Un appui pour la complémentaire santé : l’ACS
L’ACS cible celles et ceux dont les moyens les privent de la CMU-C, mais qui se situent encore en bas de l’échelle des revenus. Un chèque annuel de 550 euros est alors octroyé aux plus de 60 ans pour alléger le coût de la mutuelle.
Besoin d’un résumé ? Voici un aperçu des principales aides destinées aux seniors :

À chaque étape, la Fédération des malades et handicapés se tient prête à conseiller et accompagner : montage des dossiers, réponses aux interrogations, soutien jusqu’à l’obtention des aides. Personne n’a à naviguer seul dans cette jungle administrative, quel que soit son âge ou son parcours.
Isabelle VALADAS, EditerefMH bénévole.

