Ouvrir un PER à son enfant, un choix vraiment pertinent ?

Rien n’indique que le Plan d’Épargne Retraite (PER) soit exclusivement réservé aux salariés proches de la soixantaine. Ce produit, conçu pour préparer l’avenir financier, s’ouvre aussi aux plus jeunes, mineurs compris. De nombreux parents s’interrogent : placer de l’argent sur un PER pour son enfant, est-ce vraiment pertinent, ou simplement un réflexe dicté par la mode de l’optimisation fiscale ?

Ouvrir un PER pour son enfant : deux bénéfices majeurs à la clé

Souscrire un PER au nom d’un enfant peut dérouter au premier abord. Certains se demandent si ce n’est pas aller trop loin dans la planification financière. Pourtant, deux raisons immédiates s’affirment : alléger la charge fiscale familiale et offrir à son enfant un capital pour l’avenir. Pour explorer les détails de ce placement et ses rouages, il suffit de lire ce guide sur le PER.

Concrètement, la démarche implique les représentants légaux de l’enfant au moment de la souscription. Le contrat s’établit au nom du mineur, mais c’est la famille qui décide du rythme et du montant des versements. Cette souplesse permet de moduler l’investissement selon les projets ou les aléas, sans pression rigide.

Construire un apport immobilier pour son enfant grâce au PER

Beaucoup de parents apprécient le PER pour une raison simple : l’argent placé ne s’envole pas sur un coup de tête. Les sorties restent strictement encadrées. En dehors du départ à la retraite, l’utilisation anticipée n’est permise que dans certaines situations bien précises :

  • Un accident de la vie (perte d’emploi indemnisé, situation de surendettement, décès du conjoint, par exemple)
  • L’acquisition d’une résidence principale, ce qui permet à un jeune adulte d’utiliser l’épargne constituée dès l’achat d’un bien immobilier

Le jour où l’enfant atteint la majorité, il prend le relais de son plan. Libre à lui de continuer l’effort d’épargne pour préparer ses propres vieux jours, ou de débloquer les fonds pour un apport sur un logement. Ce passage de témoin s’inscrit dans une logique de continuité patrimoniale familiale, où l’on bâtit pierre après pierre.

Le PER pour enfant : un levier fiscal non négligeable

Un aspect souvent ignoré mérite l’attention : chaque versement sur le PER ouvert pour un enfant est déductible du revenu imposable du foyer. Mais le vrai levier se situe ailleurs : chaque mineur bénéficie d’un plafond de déduction distinct de celui de ses parents. En pratique, cela signifie que l’on peut cumuler son propre plafond fiscal avec celui de ses enfants, calculé à 10 % du Plafond Annuel de la Sécurité sociale (soit 4 399 euros pour 2023 à déclarer en 2024).

Autre avantage, les plafonds non utilisés sur les trois dernières années restent mobilisables. Pour les familles nombreuses, chaque PER ouvert pour un enfant ajoute une cartouche fiscale supplémentaire. Cette stratégie, encore mal connue, change la donne pour ceux qui souhaitent optimiser le plan patrimonial global en fonction de leur tranche marginale d’imposition.

Ouvrir un PER au nom de son enfant n’a rien d’un réflexe automatique ni d’une lubie fiscale. Il s’agit d’un choix réfléchi, une manière concrète de préparer l’avenir tout en profitant d’un allègement immédiat de la pression fiscale. À long terme, offrir à son enfant un tremplin financier pour ses premiers pas dans la vie adulte, c’est poser une première pierre solide à un édifice qui se construira, année après année.

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