En France, près de la moitié des ménages ayant contracté un crédit à la consommation déclarent rencontrer des difficultés pour rembourser. Les demandes de dossiers de surendettement auprès de la Banque de France restent stables, malgré la baisse du nombre de crédits accordés depuis cinq ans.
Certains foyers parviennent à sortir de l’impasse grâce à un accompagnement budgétaire personnalisé ou à des dispositifs de restructuration. D’autres continuent à accumuler des dettes, souvent faute d’information sur les recours existants et les démarches à entreprendre. Les solutions adaptées existent, mais elles restent trop peu connues.
Pourquoi accumule-t-on des dettes de consommation ?
Pour saisir les véritables ressorts des dettes de consommation, il faut regarder au-delà de la simple addition des crédits contractés. Chaque situation d’endettement découle d’une série de choix, d’aléas et parfois d’habitudes qui s’installent. En France, la banalisation des crédits à la consommation, notamment le crédit renouvelable, a profondément modifié la façon dont les ménages gèrent leur budget. Le prêt devient parfois un réflexe pour financer le quotidien, faire face à un imprévu ou simplement préserver un certain niveau de confort.
Les raisons qui entraînent l’accumulation de dettes se recoupent souvent. Voici les principales :
- Des revenus jugés trop faibles par rapport à des dépenses incompressibles comme le loyer ou les factures d’énergie.
- Un déficit d’éducation financière : une mauvaise lecture des taux d’intérêt, une méconnaissance des risques liés à la multiplication des crédits.
- Des coups durs tels qu’une séparation, une perte d’emploi ou un problème de santé, qui bouleversent la situation financière et empêchent d’honorer les échéances.
Le crédit renouvelable, pratique mais potentiellement dangereux, s’installe dans de nombreux portefeuilles familiaux, augmentant la pression mensuelle. La facilité de reporter ou d’étaler les paiements tend à masquer la réalité de l’endettement. Les difficultés financières s’installent souvent quand la somme des mensualités dépasse ce que le foyer peut réellement assumer. Il faut aussi rappeler le contexte économique : inflation persistante, stagnation des salaires, hausse des coûts de l’énergie. Ces variables pèsent sur l’équilibre des finances domestiques. Au final, de plus en plus de ménages doivent faire des choix impossibles entre régler leurs factures et rembourser leurs crédits.
Endettement ou surendettement : comment faire la différence ?
L’endettement fait partie du quotidien de nombreux Français : crédit immobilier, prêt auto, financement d’un projet… Tant que la capacité de remboursement est respectée, la situation reste maîtrisée. Les banques surveillent de près le taux d’endettement, généralement autour de 33 %. Ce seuil, sans être intangible, offre un repère pour juger la solidité du budget familial.
Le surendettement, lui, se manifeste dès que les remboursements pèsent durablement plus lourd que les ressources disponibles. C’est là que la spirale se déclenche : accumulation de retards, intérêts qui gonflent, budget en péril. Certains ménages voient alors leur dossier examiné par la Banque de France. S’ouvre alors la procédure de surendettement, qui entraîne l’inscription au fichier national des incidents de remboursement. Ce fichier recense les cas où les dettes ne sont plus honorées.
Quelques signaux ne trompent pas : prélèvements refusés, découverts à répétition, incapacité à couvrir les dépenses courantes. Ce qui distingue endettement et surendettement, c’est la durée du déséquilibre et l’ampleur du fossé creusé. Le surendettement n’est pas une impasse définitive. Il exige cependant de passer par des démarches spécifiques : dépôt d’un dossier de surendettement, élaboration d’un plan de redressement, voire effacement partiel ou total des dettes. Dans ce processus, la Banque de France intervient comme médiateur, cherche à concilier les positions et à établir des solutions équitables.
Des solutions concrètes pour reprendre le contrôle de ses finances
Pour retrouver la main sur son budget, tout commence par un état des lieux honnête. Il s’agit de recenser précisément ses revenus et toutes ses dépenses. Ce travail d’inventaire doit être exhaustif : repérer les charges fixes, traquer les failles, identifier les postes sur lesquels agir.
Lorsqu’il devient difficile de faire face à ses remboursements de crédits, plusieurs pistes sont envisageables. Le regroupement de crédits, ou rachat de crédits, permet d’unifier les mensualités et d’allonger la durée de remboursement, ce qui allège la pression immédiate sur le budget. De nombreux foyers français choisissent cette voie pour réorganiser leur dette, même si cela peut parfois augmenter le coût total sur la durée. Certains dispositifs comme le rachat de crédit locataire s’adressent spécifiquement à ceux qui n’ont pas d’immobilier à revendre.
Outils et leviers à activer
Voici quelques options concrètes à envisager pour agir rapidement :
- Demander un plan conventionnel de redressement auprès d’un organisme compétent si la situation budgétaire semble inextricable.
- Explorer la vente à réméré pour les propriétaires en grave difficulté : le bien est cédé temporairement, avec la possibilité de le racheter ultérieurement.
- Recourir aux fonds d’urgence ou aides ponctuelles pour surmonter un accident de parcours.
La gestion budgétaire ne se limite pas à des ajustements à court terme. Elle implique de planifier, de hiérarchiser les remboursements et de geler toute nouvelle souscription de crédits renouvelables tant que le budget n’a pas retrouvé son équilibre. Les solutions existent, mais elles exigent une discipline rigoureuse et, parfois, le soutien d’un professionnel.
Outils, ressources et accompagnement : ne pas rester seul face à ses dettes
Faire face à une situation financière compliquée ne doit pas se transformer en combat solitaire. S’appuyer sur des ressources spécialisées peut tout changer. Les Points Conseil Budget (PCB), présents dans de nombreuses villes, sont là pour ça. Ces structures labellisées par l’État proposent une consultation gratuite, l’examen de votre dossier et des solutions adaptées à chaque cas. L’objectif ? Trouver des réponses concrètes à toutes sortes de difficultés : crédits à la consommation, dettes multiples, déséquilibre du budget.
Du côté des associations de consommateurs comme UFC-Que Choisir, CLCV ou Crésus, l’expertise est bien rodée. Leur accompagnement va de la négociation avec les créanciers à la constitution de dossiers, en passant par l’accès à certains dispositifs d’aide. Les CCAS (centres communaux d’action sociale) jouent aussi un rôle clef : ils orientent vers les aides d’urgence et vers un conseiller financier compétent.
Quelques leviers à activer rapidement :
Pour avancer concrètement, certaines actions sont à privilégier :
- Prendre contact avec un PCB local pour poser un diagnostic précis.
- Préparer les documents et coordonnées bancaires qui permettront d’analyser en détail la situation.
- Faire appel à une association de consommateurs pour négocier les frais bancaires exceptionnels ou traiter un surcoût inattendu.
Retrouver la stabilité passe par l’action collective et l’appui de professionnels expérimentés. Utiliser ces dispositifs, encore trop peu sollicités, c’est se donner une chance réelle de sortir la tête de l’eau, sans attendre le dernier moment.
Face à la dette, l’isolement n’est jamais une solution. S’entourer, demander conseil, activer les ressources disponibles : c’est là que commence le sursaut, et bien souvent, la sortie du tunnel.


