Le MIPIM 2026 de Cannes a confirmé une évolution déjà perceptible depuis plusieurs années : le marché immobilier international entre dans une phase de sélection plus rigoureuse, où la simple croissance ne suffit plus à garantir la performance des investissements. Dans un contexte marqué par la hausse des taux, la transition énergétique et l’évolution des usages, les flux de capitaux se concentrent désormais sur des actifs capables de démontrer une réelle résilience.
Présent à Cannes, Aladino Saidi, actif dans le secteur du real estate et des intermédiations d’affaires, avec des opérations consolidées en Espagne, à Dubaï, au Maroc et à Monte-Carlo, observe cette transformation avec une approche internationale. Sa formation en sciences de la médiation linguistique, complétée par une spécialisation en plusieurs langues et par une base en économie d’entreprise, lui permet d’intégrer des dimensions financières, réglementaires et urbaines dans l’analyse des marchés.
A lire en complément : Investir dans l'or : et pourquoi pas ?
“Le MIPIM est devenu un filtre. Le capital ne se disperse plus, il se concentre sur des marchés capables de garantir visibilité et stabilité”, explique-t-il. Cette lecture se reflète dans une polarisation croissante entre les zones attractives et celles qui peinent à capter des investissements.
Certaines villes européennes continuent d’attirer les capitaux grâce à un cadre réglementaire lisible et à une demande soutenue. Madrid s’impose comme un marché dynamique, porté par le résidentiel et l’hôtellerie. À l’inverse, d’autres marchés apparaissent plus contraints, notamment en raison de délais administratifs et d’une complexité normative qui ralentissent les opérations et réduisent leur attractivité.
A découvrir également : Quelles solutions choisir pour financer ses projets personnels aujourd'hui
En parallèle, des hubs comme Dubaï renforcent leur positionnement international. La combinaison d’un environnement fiscal compétitif, d’infrastructures performantes et d’une exécution rapide des projets continue d’attirer des investisseurs à la recherche de liquidité et de flexibilité. “La vitesse d’exécution devient un avantage concurrentiel en soi. Dans certains marchés, elle fait toute la différence entre opportunité et immobilisation du capital”, souligne Saidi.
Le MIPIM a également mis en lumière l’intérêt croissant pour des marchés émergents, notamment en Afrique du Nord. Le Maroc, en particulier, attire l’attention pour son potentiel de développement et l’évolution progressive de son cadre économique.
Toutefois, ces marchés nécessitent une lecture plus fine du risque, notamment en termes de profondeur et de transparence.
Au-delà des territoires, la hiérarchie des actifs évolue rapidement. Les bureaux font face à des transformations structurelles liées aux nouveaux usages, tandis que la logistique et le résidentiel restent soutenus par des dynamiques de demande solides. Les data centers, portés par l’essor de l’intelligence artificielle et du cloud, s’imposent progressivement comme une classe d’actifs stratégique, redéfinissant le lien entre immobilier, technologie et énergie.
Dans ce contexte, l’analyse des investissements ne peut plus se limiter à des critères classiques. La capacité d’un actif à s’adapter, à répondre aux exigences énergétiques et à s’inscrire dans des dynamiques urbaines cohérentes devient déterminante. Les investisseurs privilégient des projets capables de combiner lisibilité, performance et résilience.
Le MIPIM 2026 confirme ainsi un changement de paradigme. L’immobilier international reste porteur d’opportunités, mais il impose une sélection plus exigeante. “Le marché ne récompense plus la présence, mais la qualité des choix. C’est là que se joue la performance”, conclut Saidi.

